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L’enseignement structuré : c’est le gage de la réussite. 1) L’environnement physique : en raison de la difficulté de l’enfant à se concentrer et à se situer dans l’espace, on délimite des aires d’activité précises dans la classe (coin travail individuel, coin travail collectif, coin repos, coin lecture, etc.). 2) L’horaire : incapable de se repérer dans le temps, l’enfant a besoin d’une structure visuelle qui lui permette de prévoir la séquence des événements de la journée (objets, images, etc. liés à une activité et à une heure donnée). Bien que routinier, l’horaire ne doit pas être immuable : dès que l’enfant parvient à se référer à son horaire, il convient de l’assouplir. 3) Le travail : le jeune autiste ne sait pas s’organiser et il comprend mal les situations et les consignes. L’enseignant met donc en place une structure visuelle (à l’aide de photos ou de pictogrammes) qui aide l’élève à voir d’emblée ce qu’il doit faire : combien de travail, quoi faire, quand la tâche est finie, que faire après, etc. L’organisation du système de travail est adaptée à chaque enfant et tient compte de son niveau de compétence et d’autonomie.
Le programme couvre tous les domaines utiles à la socialisation : habiletés de la vie courante (manger, s’habiller, se laver...), communication (demander, refuser, attirer l’attention...), habiletés professionnelles (lire, compter l’argent, travailler pour un résultat...), habiletés sociales (saluer, engager une conversation...), loisirs (jeux, dessins, musique...).
L’intervention sur les comportements inadéquats : très sécurisant pour l’enfant, le programme contribue à construire une estime de soi positive qui canalise son énergie et réduit ses comportements inadaptés. Dans les cas extrêmes, le programme propose d’aborder les difficultés en trois étapes : 1) analyser l’origine, la nature, la fréquence et le contexte du comportement inadéquat ; 2) intervenir de manière positive : restructurer son système de travail et de communication, vérifier que ses apprentissages répondent à ses besoins, etc. ; 3) modifier son comportement : lorsque les deux premières étapes échouent, l’on peut recourir aux techniques de renforcement positif et négatif (qui nécessitent une bonne maîtrise).
Le programme TEACCH, utilisé partout dans le monde, a plus de chances de réussir quand : l’enfant est jeune, les parents collaborent et poursuivent le programme à la maison, les intervenants sont bien formés et restent avec le même groupe d’enfants pendant toute la durée du processus (4 ans environ). La pédagogie TEACCH commence à être appliquée en France malgré des résistance persistantes (certains psychiatres parlent de « dressage » et préfèrent prescrire des psychothérapies basées sur le psychodrame).
Le programme A.B.A. : fondé sur l’Analyse Appliquée du Comportement, il propose
des techniques de modification du comportement de l’enfant et de développement des
compétences. Il comporte deux types d’enseignement, qui ne diffèrent guère de ceux
du programme TEACCH. L’enseignement structuré qui consiste à découper chaque apprentissage
en séances répétées en successions rapides (Essais Distincts Multiples) jusqu’à ce
que l’enfant réussisse seul l’exercice (chaque essai comporte une consigne, une réponse
de l’enfant et une réaction de l’intervenant). Le lieux d’apprentissage ne doit pas
comporter de stimuli parasites (télévision, jouets à proximité, etc.) Le temps d’apprentissage
est intensif (30 à 40 h par semaine) afin de réduire l’auto stimulation. L’enseignement
« incidental » qui consiste à guider l’enfant en tous lieux et tout moment pour les
loisirs, la vie familiale (repas, toilette, etc.), la vie scolaire et l’intégration
sociale, avec les mêmes techniques que le précédent. Dans tous les cas, les enseignements
sont basés sur la motivation et les centres d’intérêt de l’enfant ; les félicitations
et encouragements lui donnent une image valorisante de lui-
La modification du comportement relève de plusieurs techniques : l’indication qui consiste à donner à l’enfant une consigne simple, claire et précise , avec une incitation verbale, gestuelle (donner un indice visuel à l’enfant) ou physique (on aide l’enfant à faire le geste désiré) ; l’estompage qui consiste à retirer graduellement les incitations pour que le comportement enseigné apparaisse sans aide ; le façonnement qui consiste à renforcer successivement les comportements qui se rapprochent le plus du but à atteindre, puis l’on enseigne des procédures en chaîne (ex : les étapes du brossage des dents). Pour augmenter la fréquence des comportements adéquats, on utilise la procédure du « renforcement » : les réponses appropriées sont immédiatement récompensées (friandise, jouet, bisou, selon les préférences de l’élève) afin d’associer une sensation de plaisir au travail. Lorsque l’enfant a bien progressé, les renforçateurs concrets sont abandonnés au profit de simples félicitations (« bravo », « c’est bien », etc.), afin de ne pas instaurer une routine. Pour diminuer la fréquence d’un comportement inadapté, on en analyse au préalable la cause et le contexte (ex : bouger sans cesse, se mordre, hurler, etc.), puis on agit sur la cause soit en la supprimant, soit en l’aménageant pour que l’élève s’y habitue (ex : la peur du bruit). La procédure de l’extinction signifie que les comportements inadéquats sont systématiquement ignorés (aucune réaction de l’intervenant) jusqu’à ce qu’ils disparaissent puisqu’ils n’entraînent aucune récompense.
Comme le programme TEACCH, l’A.B.A. prévoit une grille d’évaluation mise à jour très régulièrement, ainsi qu’un Projet Educatif Individualisé (PEI) réactualisé en fonction des progrès de l’enfant.
Le programme T.E.A.C.C.H. : fondé sur l’enseignement structuré, il poursuit un double but : rendre l’enfant autonome ; lui donner des outils de communication (comprendre son environnement et se faire comprendre). Il requiert 2 à 3 intervenants par groupe de 5 à 6 enfants en milieu scolaire, notamment en CLIS et UPI.
Les bases de l’enseignement : c’est, avant tout, la régulation des apprentissages. L’enseignant évalue et analyse les capacités de l’enfant, ensuite, il enseigne individuellement, puis il réévalue l’enfant et recommence le processus jusqu’à l’obtention du résultat désiré. Une fois l’apprentissage maîtrisé en individuel, l’enfant l’exécute en travail autonome. L’élève doit ensuite généraliser ses acquis à d’autres lieux, d’autres situations et d’autres personnes. En partant du plus bas niveau vers le plus haut, sans brûler les étapes, l’enfant évite les échecs et se sent en sécurité dans le processus d’apprentissage.