Copyright © Sens Commun 2006 - 2010.
identification
Comment peut-on identifier l’autisme ?
Par l'observation de l'enfant :
Des comportements atypiques apparaissent vers l'âge de 2 ans, plus fréquents chez
les garçons que chez les filles. Ces comportements forment une triade devenue classique
:
- l'absence ou la pauvreté de la communication verbale. L'enfant est mutique, ne
répond pas aux sollicitations d'autrui, a un regard latéral ou absent. S'il est verbal,
il peut être écholalique ou obsessionnel (sujet en boucle). En aucun cas il ne peut
tenir une conversation ordinaire.
- les rituels et la stéréotypie. L'enfant autiste
réitère la même activité ou le même jeu à longueur de journée (jeu obsessionnel),
ainsi que les mêmes gestes (balancements, tournoiements, jeux de mains, etc.).
- l'absence
d'interactions sociales. L'enfant n'est jamais en phase avec son entourage qu'il
ne comprend pas ; il ne connaît pas les règles du jeu. Il en résulte des crises de
panique et, souvent, des colères dévastatrices (hurlements, auto mutilations, occlusion
des oreilles...) car il est incapable de gérer ses frustrations.
Par la compréhension des symptômes :
- L'enfant autiste ne perçoit pas son environnement de la même manière qu'un enfant
valide, car il est hypersensible à certains stimuli et hyposensible à d'autres.
L'ouïe
: il reçoit le langage parlé comme une sorte de salmigondi et il distingue difficilement
la voix humaine des autres bruits. Il apprécie les sons harmonieux (comme la musique)
et redoute les bruits violents (c'est pourquoi, il ne sert à rien de le gronder).
La vision : certains enfants détectent peu ou mal le mouvement. Par ailleurs, afin
d'atténuer les stimuli visuels désagréables, d'autres clignent des paupières ou déplacent
rapidement les yeux pour obtenir une vision stroboscopique (ralenti des images).
Il est recommandé de préparer l'enfant aux changements qui doivent le stimuler sans
l'affoler. Le toucher, l'odorat et le goût : il est souvent plus sélectif qu'un enfant
non-autiste. Très sensible aux odeurs, ses préférences gustatives sont très prononcées
(il ne s'agit donc pas de caprices).
- L'enfant autiste a un mode de pensée très différent du nôtre. Un célèbre auteur
(Peter VERMEULEN : « Comment pense une personne autiste », éd. Dunod, 2005) fait
un rapprochement très intéressant avec le fonctionnement des ordinateurs. Il a une
pensée visuelle : chaque idée est associée à une ou des images (lieux, couleur d'un
vêtement, geste, etc.). C'est ce qui permet, grâce à des techniques éducatives appropriées,
de structurer son environnement, ses apprentissages et sa socialisation. Les concepts
abstraits lui seraient inaccessibles selon l'opinion générale. Les informations véhiculées
par les images sont traitées de façon sérielle (morceau par morceau), les détails
étant plus importants que le tout. C'est pourquoi il lui faut plus de temps qu'un
enfant valide pour comprendre une idée ou une situation. Il pense en boucle : il
donne une impression d'obsession et de manque d'imagination car ses activités sont
répétitives, il ne sait pas jouer avec des camarades et il ne parle (lorsqu'il est
verbal) que de ses sujets favoris. En réalité, ses centres d'intérêt sont restreints
parce qu'il ne comprend pas son environnement social. En élargissant ses compétences,
il abandonne progressivement ses comportements obsessionnels. Il pense de manière
naïve et égocentrique : c'est, du moins, ce que nous croyons, nous les non-autistes.
Parce qu'il ne sait pas décrypter les attitudes et les sentiments d'autrui (théorie
de l'esprit), il prend toute situation au premier degré et se fie totalement aux
apparences. La signification des comportements sociaux étant invisible (les conventions
sociales sont à 80% implicites) et changeante en fonction du contexte, le jeune autiste
est constamment dérouté par le comportement d'autrui. Le manque d'empathie inhérent
à l'autisme génère souvent des malentendus et des situations cocasses, voire, hilarantes
pour l'entourage de l'enfant.
Par un diagnostic précoce :
Seuls les examens médicaux et les tests appropriés, pratiqués dès l’apparition des
troubles (vers l’âge de 18 mois), permettent de diagnostiquer l’autisme. L’approche
psychanalytique est non seulement inutile, mais surtout dangereuse. Les centres de
dépistage spécialisés sont les mieux équipés pour poser le diagnostic d’autisme (ex
: l’hôpital Robert Debré ou le Centre de Ressource Autisme, pour la région parisienne).
Par ailleurs, même si la base du diagnostic est toujours la triade classique, des
études récentes ont montré que les jeunes autistes ont des difficultés dans d’autres
domaines, tels que l’équilibre, le mouvement, la mémoire, etc. Par exemple, bien
que leur mémoire des détails soit exceptionnelle, ils ont du mal à se souvenir d’une
situation globale ; de même, ils ont peu d’aptitudes pour l’écriture, nouer des lacets
et utiliser des ciseaux, leur perception du mouvement est parfois limitée, etc. Les
chercheurs en concluent que l’autisme n’est pas seulement un désordre des interactions
sociales mais un dysfonctionnement affectant le cerveau global, empêchant ainsi le
traitement correct de l’information reçue, particulièrement lorsque celle-ci est
complexe.