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Outils éducatifs

La méthode PECS : le Système de Communication par Echange d’Images (PECS), développé par le Delaware Autistic Programme, répond aux besoins des enfants non-verbaux, notamment les autistes. La formation PECS consiste à établir d’abord ce qui attire l’enfant (jouets, boissons, friandises, livres, etc.) et qu’il a l’habitude de prendre dans ses mains. Puis l’on en fait une image (photo ou pictogramme). L’exercice commence avec deux intervenants : le premier tient l’objet préféré de l’enfant dans sa main (ex : un biscuit) ; lorsque l’élève veut s’en saisir, le deuxième intervenant l’aide physiquement à prendre l’image représentant le biscuit et à la donner au premier intervenant. Celui-ci dit : « oh, tu veux le biscuit ! » et le donne immédiatement à l’enfant. Après plusieurs exercices (1 à 2 semaines), l’enfant parvient à initier l’interaction sans aide physique. Durant la deuxième étape, le premier intervenant s’éloigne de l’élève pour l’obliger à se déplacer vers lui, puis on multiplie le nombre des intervenants présents afin d’apprendre à l’enfant à remettre son image à des personnes différentes.

Lorsque l’enfant maîtrise parfaitement la technique de l’échange d’image, on passe au niveau supérieur, qui consiste à apprendre le maniement de plusieurs images. Celles-ci sont collées sur un panneau mural avec du Velcro, ce qui permet à l’enfant d’aller jusqu’au panneau, de choisir une image et de la remettre à l’adulte pour obtenir ce qu’il désire.

Au fil des exercices, de plus en plus complexes, l’élève apprend à créer des phrases simples avec plusieurs images alignées (ex : « je veux » « biscuit » ; « je suis » « fatigué » ; etc.). A mesure des progrès de l’enfant, la taille des images est réduite. Afin qu’il puisse communiquer avec autrui en tous lieux, la méthode préconise de fournir à l’élève un classeur de communication comportant des images de la vie courante et des expressions les plus usitées (ex : « je veux » « croissant » si l’enfant va acheter seul son goûter à la boulangerie) qu’il doit garder avec lui en permanence.

Il est avéré que beaucoup d’enfant commencent à parler tout en échangeant les images, au bout d’un ou deux ans d’exercices, et finissent par abandonner naturellement la méthode PECS. Un nombre plus restreint d’enfants continue de dépendre des images au bout de 3 ans de pratique. Les résultats dépendent, en fait, de l’intensité des exercices et des aptitudes intellectuelles de l’élève.

L’album photo : pour aider l’enfant à construire sa mémoire et sa personnalité de manière cohérente, rien de mieux que de lui confectionner des albums photos sous forme de livres. Chaque photo, ou série de photos, est assortie d’un texte qui raconte l’histoire vécue par l’enfant en termes simples et concrets. Afin qu’il puisse prendre l’objet dans ses mains et le manipuler quand il le souhaite, il vaut mieux opter pour un support papier plutôt qu’un DVD, moins pratique pour les très jeunes enfants.

Les ateliers d’habiletés sociales : rien n’est plus mystérieux, pour un enfant autiste, que les interactions sociales dont il est le témoin. Les règles et autres compromis qui les sous-tendent risquent de lui rester inaccessibles s’il ne dispose pas de repères pour les décrypter. Les scénarios sociaux (mis au point par Carol Grey) proposent justement de tels repères. Il s’agit d’histoires courtes, conçues selon un style précis, qui décrivent des situations sociales données et les réponses attendues. Chaque histoire relate un contexte relatif à la vie quotidienne (maison, école, communauté) et transmet une information facile à comprendre. Cela permet à l’élève de trouver les mots et les comportements adéquats. Les scénarios sociaux peuvent viser plusieurs objectifs : instaurer un comportement adapté (ex : engager la conversation avec un camarade), modifier des attitudes gênantes en société (ex : courir en tous sens au restaurant), gérer les émotions (ex : les colères intempestives), préparer l’enfant à un changement stressant (ex : un déménagement), etc. Chaque scénario est écrit en tenant compte de l’âge, du niveau et des besoins de l’élève : pour un très jeune enfant, on privilégie des textes simples, écrits en gros caractères, avec quelques illustrations ; pour un adolescent ou un jeune adulte, les histoires seront plus complexes. Les supports peuvent être divers et tenir compte des préférences de l’élève : textes écrits illustrés de dessins ou photos, bandes dessinées, vidéo, etc.

Pour rédiger une histoire, on utilise trois types de phrases. 1) Descriptive : ce que font les gens dans telle situation, pourquoi et comment ils le font, etc. (ex : « la cloche sonne parce que c’est la fin de la récréation ; les élèves se rangent pour aller dans leur classe »). 2) Directive : elle suit la phrase descriptive et indique le comportement souhaité (ex : « je suis mes camarades de classe, ensuite je vais m’asseoir à ma table pour travailler »). 3) Perspective : elle incite à l’empathie, c’est-à-dire, comprendre le point de vue et l’état d’esprit de l’autre. Elle doit être formulée avec une certaine prudence pour éviter les erreurs (ex : « le professeur est content de me voir travailler. Il aime que mes camarades et moi écoutions ses leçons »).

Au fil des exercices, et en fonction des progrès réalisés, il faut privilégier les phrases descriptives et perspectives et diminuer progressivement les directives, afin que l’enfant puisse fournir ses propres réponses spontanément, sans se trouver limité par des comportements pré-définis par l’enseignant. Ex : « Quelques fois, le professeur gronde un de mes camarades qui a fait une bêtise (phrase descriptive). Cela veut dire qu’il n’est pas content (phrase perspective). Je vais rester assis et sage quand le professeur se met en colère (phrase directive devant être supprimée du scénario à terme) ».

Enfin, outre l’utilisation de mots précis et concrets sur des supports variés, il convient de présenter une ou deux histoires à la fois et n’en proposer de nouvelles qu’une fois la maîtrise des deux premières acquise.

Pictogramme pour la méthode PECS : montre moi.
Pictogramme pour la méthode PECS : laver les mains.

Pictogrammes, mis côte à côte, pour apprendre à se laver les mains.

Avec son classeur de communication, Hadrien demande un croissant à la boulangère en lui montrant un pictogramme.

Hadrien demande un pain au chocolat à la boulangère avec son pictogramme.
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