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L'éveil par le rugby
Il ferait un bon pilier, sourit Jean-
Il y a encore deux
ans, il ne supportait pas le contact physique. Un des symptômes de l'autisme. Même
pas un baiser de sa mère. Mais Hadrien, malgré son handicap, avait une véritable
chance. Celle de fréquenter normalement l'école maternelle Pablo-
A priori, le profil d'Hadrien, complètement enfermé dans sa bulle, lui barrait l'accès
à ce type d'activité. Mais Jean-
Le résultat a dépassé toutes nos espérances, dit aujourd'hui Abla, sa mère. Pour
beaucoup de médecins, un autiste est incapable de pratiquer un sport collectif. Notre
expérience a prouvé le contraire, le rugby a fait voler en éclat son enfermement..
La première année a été très difficile, Hadrien s'est retrouvé en situation d'échec.
Il hurlait, se bouchait les oreilles, se roulait par terre. Puis, peu à peu, à force
de patience, il a commencé à accepter le contact, avec les partenaires comme avec
les adversaires. Et puis, un jour, il a accepté un bisou, et puis un jour il s'est
mis à parler. Le premier baiser sera pour sa mère, les premiers mots pour son éducateur.
Hadrien était heureux, il prenait du plaisir à jouer au rugby. Et ce plaisir faisait
tomber naturellement ses barrières autistiques .Pas guéri. On ne guérit jamais quand
on est autiste. On apprend progressivement à trouver sa place parmi les autres, à
comprendre et se faire comprendre, voire, dans le meilleurs des cas, à devenir autonome.
Plus que n'importe quel autre sport, notamment les sports individuels qui ont tendance
finalement à cantonner l'autiste dans son isolement, le rugby porte en lui tout ce
qui peut aider ce type d'enfants à évoluer positivement. Le rugby peut être un vecteur
de développement, de socialisation et d'intégration pour les enfants autistes.
Invité au Stade de France.
De la même façon, ce fut une expérience très positive pour les autres enfants qui
ont appris à accepter la différence d'Hadrien. Un vrai défi de société : accepter
aujourd'hui la différence d'un autiste à l'école ou à travers le sport, c'est l'accepter
plus tard à l'âge adulte. Malheureusement pour Hadrien, l'expérience s'est arrêtée
au début de l'année scolaire. En intégrant une classe d'intégration scolaire (CLIS),
à Meudon, il a quitté l'école de Nanterre et n'a pu poursuivre l'aventure du rugby.
Et Hadrien a commencé à régresser, regrettent ses parents. C'est pourquoi aujourd'hui
nous avons décidé de nous battre pour que le sport, surtout les sports collectifs
et le rugby en particulier, s'ouvre à ce genre d'enfants. Les clubs n'acceptent pas
les autistes car ils ne se sentent pas préparés pour cela.
Grâce à un groupe d'étudiants
en communication qui ont pris en main le projet, les parents d'Hadrien, via leur
association Sens Commun, et APPEDIA, une association qui crée et gère des classes
d'intégration en milieu scolaire et développe des activités sportives le mercredi,
ont donc approché la Fédération Française de Rugby (FFR) pour sensibiliser le monde
du rugby à la cause des enfants autistes.
Six d'entre eux ont ainsi été invités au
Stade de France par la FFR le 2 février dernier pour le match entre le Quinze de
France et l'Italie, dans le cadre d'une opération soutenue par Jack Lang, le ministre
de l'Education. Une façon de démontrer qu'ils ont leur place parmi nous et que le
sport peut-
A la suite de cet article, J. Schramm, journaliste à L'Equipe et père d'un garçon autiste, a lancé l'opération Un club, un autiste à travers toute la France et a créé l'association portant le même nom. Voir : http://perso.orange.fr/1club.1autiste/

Hadrien joue au rugby