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Même si l’enfant ou adolescent ne suit aucun programme éducatif à domicile ou dans
sa structure scolaire, nous utilisons les techniques du programme TEACCH dans le
cadre des ateliers sportifs pour optimiser les apprentissages de l’élève et donner
à l’étudiant stagiaire des outils adaptés à l’autisme.
- Continuité des ateliers sportifs : l’élève doit être présent à chaque séance. Des
absences trop fréquentes empêchent la consolidation des apprentissages. Mais l’assiduité
de l’élève dépend de la bonne volonté des parents, aussi nous tâchons de les convaincre
d’accepter la contrainte.
- Non intervention des parents durant les ateliers : nous demandons aux parents un
maximum de renseignements sur leur enfant (préférences, déficits, points forts) afin
que l’étudiant connaisse bien son élève, mais nous déconseillons fortement aux parents
d’intervenir durant les ateliers afin de ne pas gêner l’action de l’étudiant car
seul celui-ci est compétent en sport adapté. En outre, l’enfant risque de recevoir
des signaux contradictoires. En revanche, nous encourageons les parents à travailler
à la maison sur chaque atelier (les nouveaux mots ou mouvements, ce que l’enfant
a appris, ce qu’il a ressenti, etc.)
- Intégration progressive de l’enfant dans le groupe : l’étudiant stagiaire apprend
à son élève à repérer puis mémoriser les lieux, le professeur de sport, puis chaque
enfant du groupe. Il sollicite la coopération des petits camarades pour attirer et
fixer l’attention de l’élève autiste sur les activités en cours, afin de développer
l’attention conjointe.
- Apprentissages par étapes : cibler un apprentissage à la fois et le répéter jusqu’à
ce que l’élève le réussisse (mener de front 2 ou 3 apprentissages est souvent impossible
pour un enfant autiste). Exemple pour les arts du cirque : apprendre à un jeune autiste,
durant le même atelier, à s’asseoir avec le groupe pour écouter les consignes et
marcher sur le fil en ne regardant pas ses pieds. L’étudiant doit commencer par le
plus facile (marcher sur le fil) pendant plusieurs séances et terminer par le plus
difficile (écouter patiemment les consignes).
- Les aides visuelles : nous proposons, quand cela s’avère nécessaire, des pictogrammes
pour structurer visuellement les apprentissages, aussi bien pour les élèves verbaux
que mutiques. L’étudiant stagiaire nous indique quels pictogrammes lui seront utiles
(postures physiques, objets, enchaînements d’actions, consignes, récompenses, etc.)
et nous les fabriquons en double exemplaire : des pictogrammes ou images que l’étudiant
utilise avec son élève, les mêmes pour les parents pour qu’ils puissent les étudier
à la maison avec leur enfant. Les aides visuelles sont particulièrement utiles pour
le rugby, la natation et les arts du cirque.
- Les aides physiques : pour les exercices difficiles ou impliquant des enchaînements
de mouvements, une aide physique peut être utile à l’enfant. Soit l’étudiant exécute
lui même le mouvement pour servir de modèle, soit il guide le mouvement si l’enfant
supporte le contact physique. La guidance physique est particulièrement recommandée
en natation, au rugby, et aux rollers, mais elle est moins efficace en cyclisme !
- La concentration : lorsque le jeune autiste n’est pas accoutumé aux apprentissages
académiques, sa capacité de concentration n’excède pas 10 minutes et il se fatigue
vite. Nous conseillons aux étudiants stagiaires d’aménager des temps de pause pendant
lesquels l’enfant peut jouer seul ou se livrer à ses stéréotypies si elles ne dérangent
pas le groupe. Exemples de stéréotypies que nous avons constatées : au rugby et au
cirque, les jeunes autistes sautent sur place ou courent autour du stade et de la
piste ; au cyclisme, l’enfant renverse son vélo et fait tourner une roue pendant
plusieurs minutes ; à la piscine, l’enfant tape la surface de l’eau et fait des vagues.
Au fil des ateliers et selon les progrès de l’élève autiste, l’étudiant doit diminuer
le nombre de pauses, jusqu’à pouvoir les supprimer.
- Les récompenses : chaque exercice réussi doit être récompensé pour consolider l’apprentissage
et chaque échec doit être ignoré. Les encouragements pendant l’exercice ne sont pas
toujours efficaces pour motiver l’élève et l’aider à persévérer, contrairement aux
récompenses après l’effort. Il ne s’agit pas de récompenser le fait de réussir mais
plutôt l’effort et la coopération de l’élève. En fonction de l’âge et du niveau cognitif
de l’enfant, la récompense peut être une friandise ou un jeu (selon les préférences
de l’élève) ou des félicitations de la part de tout le groupe. Les punitions sont
interdites lorsque l’élève est récalcitrant, toutefois, nous conseillons aux étudiants
stagiaires d’interrompre la séance en cas de trouble important du comportement, en
essayant d’expliquer à l’enfant pourquoi il doit quitter le groupe.
Adaptation du programme TEACCH dans le cadre des intégrations sportives.
sport et TEACCH
Les conseils que nous donnons sont une sorte de canevas dans lequel vont s’inscrire
les techniques propres à chaque étudiant stagiaire. Chacun d’eux doit faire son programme
personnel d’enseignement, en fonction des observations qu’il fait sur son élève,
et l’adapter au fur et à mesure des progrès constatés. Il peut utiliser, ou non,
les outils que nous lui proposons. L’essentiel étant qu’il comprenne correctement
le fonctionnement mental de son petit protégé afin de l’aider au mieux.