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initiation au steel drum

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Sport

Conférence-débat du 19 mai 2006 à l'Agora de Nanterre,
dans le cadre du 2ème week-end pour l'autisme.
(synthèse réalisée par Abla Lamrani)

Bien qu'il n'y ait pas, du moins à ma connaissance, de véritable étude scientifique en la matière, un constat s'impose : les personnes souffrant d'autisme qui vivent en institution (adolescents et adultes) ont assez peu d'activités sportives régulières. Or, la sédentarité favorise, à long terme, l'apparition de problèmes de santé qui peuvent s'aggraver au fil du temps. Chacun connaît ces problèmes, mais il est bon de les rappeler brièvement.
Pour les enfants et les adolescents : le manque d'exercices réguliers renforce l'hyperactivité de l'enfant ou son atonie musculaire lorsqu'il est d'un tempérament calme. Il entraîne une surcharge pondérale, chez les gourmands, qui peut se transformer en obésité ; et surtout, un repli sur soi et un désintérêt total pour le monde extérieur, ce qui conforte durablement, peut-être de manière irréversible, l'incompréhension des règles sociales.
Pour les adultes : la sédentarité a pour conséquences une plus grande fatigabilité, un défaut d'adaptabilité du débit cardiaque au moindre effort, une décalcification du squelette plus précoce que la normale et une diminution constante de la perception.
Pour toutes ces raisons, la croyance est assez répandue que l'espérance de vie des personnes autistes vivant en institution est plus courte que la moyenne. Il s'agit là d'une conviction erronée : ce n'est pas l'autisme qui réduit la durée de la vie mais tout simplement le manque d'exercice. C'est une question de bon sens !

Le second constat que l'on peut faire, est que certains professionnels de l'autisme considèrent qu'un enfant autiste n'est pas apte à pratiquer une activité sportive dans des conditions ordinaires, c'est-à-dire comme n'importe quel enfant, du fait de son handicap mental. C'est là un postulat largement invalidé par l'expérience de plusieurs associations, parmi lesquelles Sens Commun.

C'est cette expérience que je propose d'exposer en trois points :
- d'abord, pourquoi un enfant autiste doit-il faire du sport ?
- ensuite, quels sports peut-il pratiquer ?
- enfin, dans quelles conditions doit-il faire du sport ?

La pratique régulière ou occasionnelle d'un sport procure du plaisir, un bien-être physique qui se répercute sur le mental (du fait, entre autre, de l'élimination des toxines). Or, les enfants autistes éprouvent ce plaisir comme chacun d'entre nous, même s'ils ne savent pas l'exprimer. Bien sûr, tous n'apprécient pas de faire du sport, comme l'a souligné un auditeur (Fondation France Télécom) et il vaut mieux, effectivement, vérifier ce point avant tout.
Partant de là, l'on peut utiliser une activité sportive non seulement pour procurer du bonheur à l'enfant autiste mais aussi, et surtout, pour développer chez lui des compétences existantes ou émergentes.

La particularité des enfants autistes est qu'ils ne communiquent pas et qu'ils ne comprennent pas les règles sociales. Par conséquent, ils ne s'intéressent guère au monde qui les entoure. Si l'on sollicite un enfant pour un jeu de ballon ou n'importe quel autre jeu enfantin, il ne répondra pas car il n'en saura pas l'intérêt. Si, à force de persévérance, il finit par réagir, il jouera quelques minutes puis retournera à ses occupations rituelles. Pour réussir à attirer et retenir relativement longtemps son attention, il convient de lui proposer une activité physique en rapport avec ses centres d'intérêt et ses capacités, ce qui suppose une observation préalable de l'enfant pour découvrir ce qui l'intéresse et ce qu'il est capable de faire.

Par ailleurs, la pratique d'un sport extra-scolaire est toujours ludique pour un enfant non handicapé. Au contraire, chez un enfant autiste elle représente un vrai travail d'apprentissage car ces enfants ont plus d'aptitude à travailler qu'à jouer. Toute situation nouvelle est pour eux une occasion de découverte et de dépassement du handicap (à condition qu'ils y soient bien préparés).. En fait, c'est comme si l'enfant se lançait un défi à lui-même pour réussir une action qui, a priori, lui semble inaccessible (c'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles les enfants autistes supportent mal l'échec).

Outre la découverte de son propre corps et de sensations nouvelles, un sport de loisir va lui donner une série d'occasions de dépassement de soi et de réussite. Grâce à la consolidation de ses compétences existantes et à l'émergences de nouvelles aptitudes, l'enfant pourra progresser de manière globale (c'est-à-dire, dans d'autres domaines que le sport) et sera donc plus confiant en lui pour aborder d'autres défis.
Sur le plan pratique, l'enfant parviendra, petit à petit, à surmonter ses crises et à diminuer ses comportements inadaptés. En lui faisant davantage confiance, ses parents n'auront plus besoin de recourir aux médicaments... Et quelle économie pour la Sécurité Sociale, comme l'ont fait judicieusement remarquer Mme Maria Ramirez (membre de l'association Les Espaces Ouverts) et Mme Sylvie Cabassot (la marraine du week-end pour l'autisme).

Pourquoi pratiquer du sport ?